Matière
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Matière.
En termes de Philosophie Hermétique, est le sujet sur lequel s'exerce cette Science pratique. Tous ceux qui ont écrit sur cet Art se sont appliqués à cacher le vrai nom de cette matière, parce que si elle était une fois connue, on aurait la principale clef de la Chymie. Ils l'ont nommée de tous les noms des individus créés, parce qu'elle contient, disent-ils, en puissance toutes les qualités et propriétés des choses élémentaires. C'est un cinquième élément, une quintessence, le principe et la fin matériels de tout.
Gerhard Dorn dit que c'est la matière même dont les cieux sont composés, que c'est la quintessence de notre matière sublunaire, incorruptible, et conservatrice de ce bas monde, le vrai végétatif, l'âme des éléments, qui préserve de corruption tous les corps sublunaires, et leur donne le degré de perfection qui convient à chaque espèce : qu'avec l'aide de l'Art on peut l'en séparer et la communiquer aux trois règnes animal, végétal et minéral : que cette matière enfin est ce que les Alchymistes appellent l'Oiseau d'Hermès qui descend continuellement du ciel en terre, et y remonte sans cesse. On peut voir tous les autres éloges qu'il lui donne dans son Traité de Lapide Metaphysico. Mais la matière des cieux diffère-t-elle de celle de la terre ? Est-elle nécessaire pour la végétation, la conservation, et l'altération des corps sublunaires ? Peut-elle être la matière prochaine de l'art Chymique ? Je laisse les deux premiers à décider aux Physiciens Naturalistes, et le troisième point aux Alchymistes, dont la vraie matière première n'est autre que les accidents de la première matière des Sectateurs d'Aristote. Les Chymistes prennent cette matière, parce qu'elle est la semence des choses, et que la semence de chaque être est sa première matière qui nous soit sensible. Toutes les fois donc que les Philosophes Hermétiques parlent de leur première matière, on doit toujours l'entendre de la semence des corps.
Il y aurait beaucoup de choses à observer sur cette première matière des Chymistes; mais c'est à ceux qui font des Traités du Grand Œuvre, à en parler avec toute l'étendue qu'elle mérite. Je me contenterai donc de dire avec Bêcher (Œdipus Chymicus) que tous les corps ne sont point en totalité cette première matière tant recherchée; mais qu'ils la contiennent, et qu'ils la sont en effet quant à la puissance; ce qui doit même s'entendre des métaux, qui ne peuvent être censés cette première matière, qu'après y avoir été réduits.
C'est donc la semence des corps, qui est la première matière des Chymistes, dans laquelle ils distinguent la semence mâle qui tient lieu de forme, et la semence femelle qui est la matière propre à recevoir cette forme. C'est pourquoi, lorsque les Chymistes parlent de leur première matière, ils entendent le plus souvent la semence femelle, quoiqu'ils parient quelquefois de l'une jointe avec l'autre. Alors ils disent qu'elle a tout ce qui lui est nécessaire, excepté le feu ou agent extérieur, que l'Art fournit à la Nature, comme le dit Empédocles dans le Code de Vérité.
Il n'est pas rare aussi de voir dans les livres d'Alchymie, tout ce qui produit semence être pris pour la matière du grand œuvre, de la même manière que l'on peut dire l'homme et les animaux composés des plantes, parce qu'ils s'en nourrissent. Ils s'expriment ainsi en parlant de la matière éloignée, comme ils parleraient de la prochaine, de la puissance comme de l'acte, de la cause comme de l'effet; ce qui ne contribue pas peu à faire prendre le change aux lecteurs qui ne sont pas versés dans cette Science.
Cette matière ne se trouve donc que dans la semence des corps, et dans le point de perfection propre à la génération; c'est-à-dire, quand elle n'a pas été corrompue ou altérée par la Nature ou l'Art : et quand on la prend telle, elle a la puissance d'engendrer, qui n'attend qu'à être réduite à l'acte au moyen du feu. Si on la prend généralement, sans avoir égard à la forme, elle se trouve dans tous les corps, mais non pas prise comme matière ayant forme chymique. Dans les animaux elle s'appelle Menstrue, dans les végétaux Eau de pluie, et dans les minéraux Eau mercurielle. Elles partent toutes d'une même racine, et composent cependant, selon Bêcher, trois matières tout-à-fait différentes, quoiqu'elles aient beaucoup d'affinité entre elles, n'étant qu'une eau subtile et visqueuse; mais comme elles différent par leur propre substance, il n'est pas possible à l'Art de les changer l'une en l'autre. Celle des animaux semble être faite pour l'union, celle des végétaux pour la coagulation, et celle des minéraux pour la fixation; ce que l'on remarque aisément dans la différence de l'union et de la liaison des parties qui composent chaque individu de ces trois règnes.
La première matière des Chymistes, éloignée, est une eau pondéreuse produite par une vapeur mercurielle; la prochaine est eau mercurielle qui ne mouille point les mains, comme le dit Saint Thomas dans son Commentaire sur le 3° livre d'Aristote, touchant les Météores.
La fin que se proposent les Chymistes dans la pierre philosophale étant d'élever les métaux imparfaits à la perfection de l'or, au moyen de sa forme et de sa matière, il faut donc que l'une et l'autre soient métalliques et minérales.
Les Alchymistes ne sauraient réussir dans leur dessein, si, comme dit Aristote le Chymiste, ils ne réduisent les corps en leur première matière, c'est-à-dire en leur matière séminale, et ne la mettent ensuite dans une matrice propre à y produire des fruits si désirés.
Pour le premier article, tout le monde sait que les choses ne se détruisent que par les contraires; c'est le soufre qui donne la forme, il faut donc se servir de mercure pour le dissoudre; et après cette dissolution, on ajoutera un soufre pour coaguler et fixer le mercure, en en faisant le mariage dans le vase propre à cet effet.
Les Philosophes Hermétiques ont toujours parlé de cette matière et des opérations de l'Art dans les termes allégoriques et énigmatiques. Le soufre et le sel, comme les deux principes constituants de cette matière, ont été nommés, le premier Roi, Mâle, Lion, Crapaud, Feu de nature. Graisse du Soleil, le Soleil des corps, le Lut de sagesse ou sapience, le Sceau d'Hermès, le Fumier et la Terre des Philosophes, Huile incombustible, Mercure rouge, et une infinité d'autres noms même de diverses langues, qui tous cependant signifient quelque matière fixe, coagulante ou glutineuse; parce qu'ils attribuent au soufre, la forme, la chaleur innée, le sperme, l'âme l'odeur, la couleur, la saveur, la fixité, et tout ce qui est capable de causer la cohésion des parties des corps.
Le second principe ou sel qui comprend toutes les eaux différentes dont nous avons parlé, comme semences des trois règnes, n'est pas le sel commun ou le sel des corps, acide, ou qui brûle la langue; car cette saveur vient du soufre qui y est mêlé, et par conséquent toutes ces sortes de sels ne doivent être regardés que comme des mixtes, et non des sels principes. Le sel des Philosophes doit se comprendre abstractivement de ce soufre, et ils ne l'ont ainsi nommé, que parce que sa forme accidentelle lui donne souvent l'apparence de glace ou de sel coagulé, ou qu'il se résout en eau aussi aisément que le sel.
C'est ce sel qu'ils appellent proprement la matière propre à recevoir la forme. C'est pourquoi ils l'ont nommé Humide radical, Menstrue, Corps en puissance, Chose ou Substance capable à recevoir toutes sortes de formes, Reine, Femelle,Aigle, Serpent, Eau céleste. Ecume de la Lune, Clef, Mercure blanc, Mercure des Philosophes, Eau de vie et de mort, Cire où l'on imprime le sceau d'Hermès, Eau de glace, Pluie des Philosophes, Fontaine, Bain du Roi, Bain des corps, Vinaigre très aigre, Savon, et tant d'autres noms qu'on trouvera ci-après par ordre alphabétique, et dont la plupart seront expliqués dans les articles qui les concernent.
La plus grande partie des Philosophes pensent que tout a pour principe une eau savonneuse, c'est-à-dire, composée de deux substances, l'une saline et l'autre oléagineuse, appelée Chaos, et propre à recevoir quelque forme que ce puisse être; que Dieu l'a divisée en deux parties, en eau grossière, et en eau subtile; la première visqueuse, huileuse ou sulfureuse, la seconde saline, subtile et mercurielle. Il les subdivisa encore en trois parties générales; de la plus subtile il forma les animaux, de la plus crasse des métaux, et de celle qui participe des deux il en composa les végétaux; de manière que celle d'un règne ne saurait être transmuée radicalement en un autre règne, par aucune opération de l'Art. La pratique de la Chymie prouve à ceux qui douteraient de ce système, dit Bêcher, qu'il n'est pas la production d'un cerveau creux. Le soufre agit sur le sel en l'agglutinant et lui donnant ainsi la forme : lé sel agit sur le soufre en le dissolvant et le putréfiant; et l'un joint avec l'autre en quantité proportionnée, constituent une eau visqueuse et vitriolique, qui est la première matière de la Nature et de l'Art.
Voici une partie des noms que les Philosophes Hermétiques ont donné à leur matière. La plupart sont expliqués dans ce Dictionnaire, parce que, disent Morien et Raymond Lulle, c'est dans l'intelligence de ces noms si différents d'une même chose, que consiste tout le secret de l'Art. Les uns sont tirés du grec, les autres de l'hébreu, quelques-uns de la langue arabe, plusieurs du latin et du français.
Adam.
Affrop. Agneau. Aibathest.
Airain. Airain brûlé. Airain incombustible. Airain noir.
Alartar. Albar AEris. Albira. Alborach. Alchaest. Alcharir. Alcopbil. Alembroth. Alocam. Alocines. Aikusal. Almagra. Almizadir.
Alun.
Alus. Aizemad. Aizon. Amalgra.
Ame. Ame de Saturne. Ame des Eléments. Ame du Monde.
Anachron. Anathron et Anatron. Anathuel.
Antimoine des parties de Saturne.
Antybar.
Arémaros.
Argyrion. Arneth ou Zamieh.
Asmarcech. Astima. Atimad. Aycafort. Azoch.
Bain.
Beïa. Berbel. Beurre. Bien. Bien communicatif. Blanc du Noir.
Bois. Bois de Vie. Bois d'Or. Borax. Boritis, Borteza ou Boreza. Brebis. Brouillard. Cadmie.
Caïn. Cambar. Camereth. Cancre. Caspa. Caspachaïa.
Cendre. Cendre de Tartre. Cendre fusible. Cendre incombustible. Cendre noire.
Chaï. Chaïa. Chameau. Champ.
Chaux. Chaux vive.
Chemin. Ches. Chesseph. Chesseph Hai. Chibur.
Chien. Chien Corascénien. Chienne d'Arménie.
Chose croisée ou tourmentée. Chose vile. Chyle. Ciel. Ciel des Philosophes. Ciel moyen. Clarté du Soleil.
Clef de l'Œuvre. Clef des Métaux.
Cœur de Saturne. Cœur du Soleil. Colcotar. Colère. Colle d'Or. Compagnon. Compar. Composé. Compôt. Confection. Contenant. Contenu.
Coq.
Corps Blanc. Corps confus. Corps contraire. Corps immonde. Corps imparfait. Corps impropre. Corps mixte. Corps noir.
Corsufle. Couronne du Roi. Couteau. Crachat de la Lune. Crapaud. Crible. Crystal. Dangereux. Décembre. Deeb. Dehab. Diabeste. Dispositif moyen. Douceur du Beurre. Duenech.
Dragon. Dragon volant. Dragon rampant. Dragon babylonien.
Eau ardente. Eau azothique. Eau brûlante. Eau de Fontaine. Eau de l'Art. Eau de Sang. Eau de Talc. Eau de Vie. Eau d'Urine. Eau du Styx. Eau étoilée. Eau feuillée. Eau hyléate. Eau mondifiante. Eau pesante. Eau pondéreuse. Eau première. Eau sèche. Eau simple. Eau visqueuse.
Ebemich. Ebesemeth.
Elément. Elément cinquième.
Eisaron. Embryon.
Ennemi. Epée. Epouse. Espatule.
Esprit. Esprit corporifié. Esprit crud. Esprit cuit. Esprit de la Clarté. Esprit pénétratif. Esprit universel.
Estomach d'Autruche.
Eté.
Ethélie blanche. Etoile scellée. Etre métallique.
Eudica. Euphrate.
Eve.
Excrément du Verre. Fada. Faucon. Favonius.
Fèces calcinées. Fèces dissoutes.
Femelle. Femme. Femme prostituée.
Fer.
Ferment. Ferment sublimé.
Feu. Feu aqueux. Feu artificiel. Feu contre Nature. Feu corrodant et non corrosif. Feu de Cendres. Feu de Lampe. Feu de Sable. Feu humide. Feu innaturel. Feu liquide. Feu naturel.
Fiel.
Fils béni du Feu. Fils (petit-) de Saturne. Fils du Nil. Fils du Soleil et de la Lune. Flegme. Fleur d'Airain. Fleur du Soleil.
Fontaine. Fontaine du Roi.
Forme. Forme de l'Homme. Frère. Frère du Serpent. Fridanus. Fruit. Fruit de l'Arbre Solaire. Fumée blanche. Fumée citrine. Fumée rouge. Fumier.
Gabritius. Gabrius. Giuniïs. Glace.
Gomme blanche. Gomme d'Or. Gomme, rouge.
Gophris. Granusœ. Gur. Hageralzamad. Hebrit.
Hirondelle.
Huile. Huile de Mars. Huile incombustible. Huile rouge.
Humide blanc. Humide radical. Humidité. Humidité brûlante.
Hylé.
Hypostase blanche. Jaune d'Œuf. Immondice du Mort. Infini. Insipide. Jour. Jourdain.
Iris.
Jud he voph hé. Kamech. Kenchel. Kibrich. Kinna.
Lac bouillant. Lac desséché.
Lait. Lait de Vierge.
Larmes de l'Aigle.
Lazul. Lessive. Ligne.
Lion. Lion rouge. Lion vert.
Liqueur végétable.
Litharge. Loup.
Lumière. Lumière du Plomb.
Lune. Lune feuillée.
Magnés.
Magnésie. Magnésie blanche. Magnésie rouge.
Main gauche. Main droite.
Mal. Mâle.
Marbre. Marcassite. Marcassite du Plomb.
Mars.
Martheeka. Marthek. Masse de Coquemart.
Matière. Matière de la Matière. Matière de toutes formes. Matière Lunaire.
Matin. Médaille de Fauheh.
Médecine de l'Esprit. Médecine des trois ordres.
Mélancolie.
Menstrue animal. Menstrue minéral. Menstrue végétal.
Mer.
Mère. Mère de l'Or. Mère des Métaux.
Mesure. Microcosme. Midi. Miel.
Minière. Minière de l'Or.
Ministère. Mizadir.
Mort. Mort amere.
Mozhacumia.
Nature. Nature cinquième.
Neusi.
Noir plus noir que le Noir même.
Nuée.
Nutus. Occident. Œil des Poissons.
Œuf.
Oing. Oiseau d'Hermès. Olive. Ollus.
Ombre. Ombre du Soleil.
Or. Or de Gomme. Or d'Orient. Or du Bec. Or du Corail. Or éthée. Or feuille. Or romain.
Père. Père unique de toutes choses.
Phison.
Pierre. Pierre animale. Pierre ardente. Pierre connue dans les chapitres des Livres. Pierre des Philosophes. Pierre étoilée. Pierre indienne. Pierre indrademe. Pierre métallique. Pierre minérale. Pierre non Pierre. Pierre rouge. Pierre végétale.
Plomb. Plomb Blanc. Plomb des Philosophes.
Poil Humain. Point. Poisson Echénéis.
Poudre. Poudre tirée de la cendre.
Poussin d'Hermogene. Présure du Lait.
Prostituée (la).
Pureté du Mort.
Raceen. Racine des Métaux.
Randerich. Rarum. Rayon de la Lune. Rayon du Soleil. Récon. Réhéson. Résidence. Risoo. Roi.
Rosée dans les épines. Rosée. Rosée de Mai.
Rougeur.
Sable. Safran.
Salé. Salive de la Lune. Salive des Champignons. Salive incombustible. Salive précieuse.
Salpêtre.
Sang. Sang de Dragon. Sang de la Salamandre. Sang du Lion. Sang humain. Sang spirituel.
Saumure. Saumure Marine.
Savon. Savon des Sages.
Sébleindre.
Sedena. Seigneur des Pierres.
Sel alembroth. Sel alkali. Sel alvisadir. Sel de Lunaire. Sel des Pèlerins. Sel des Sages. Sel des Sels. Sel d'Urine. Sel fusible. Sel Nitre. Sel solaire.
Sentier. Sépulcre. Séricon. Serinech.
Serpent. Serpent ailé. Serpent de Cadmus. Serpent dévorant sa queue. Serpent sans Aile.
Serviteur. Serviteur fugitif. Serviteur rouge.
Seth.
Sirop de Grenade. Smeratha. Sodo des Philosophes.
Sœur. Sœur du Serpent. Sœur première.
Soir.
Soleil. Soleil éclipsé. Soleil terrestre.
Soufre ambrosien. Soufre de Nature. Soufre des métaux. Soufre incombustible. Soufre rouge. Soufre Zarnet.
Solution fixe. Solution volatile.
Sperme de Tout. Sperme des Métaux. Sperme des Philosophes. Sperme du Mercure.
Splendeur. Splendeur de la Mer. Splendeur du Soleil. Sublimé.
Suc de Lunaire. Sueur du Soleil.
Talc.
Tamuas.
Teinture des Métaux. Teinture d'Hermès.
Témaychum.
Terre. Terre adamique. Terre damnée. Terre de Reste. Terre des Tombeaux. Terre fouillée. Terre Glaise. Terre grasse. Terre puante. Terre rouge. Terre vierge.
Tête de Corbeau. Tête morte du Corbeau. Tévos. Thabritis. Thélima. Thériaque. Thêta ou Thita. Thion. Timar. Toarch. Troisième. Tuchia.
Vaisseau. Vaisseau des Philosophes. Vaisseau scellé.
Vautour.
Venin. Venin mortifère. Venin teignant.
Vent.
Verge de Métal. Verjus.
Vert-de-gris. Vertu des Astres. Vertu minérale. Vie. Vieille exténuée. Vieillesse.
Vigne des Sages.
Vin blanc. Vin rouge.
Vinaigre. Vinaigre des Philosophes. Vinaigre très aigre.
Virago. Virilité. Visitation de l'Occulte.
Vitriol. Vitriol romain. Vitriol rouge.
Union des Esprits. Urine d'Enfans. Vulpes. Vulphi. Xit. Yharit. Ylé. Zaaph. Zahav. Zaibac.
Zibac.
Zink.
Zit. Ziva. Zotichon. Zumech. Zumelazuli.
L'on connaît les vrais Philosophes à la matière qu'ils emploient pour le magistère. Ceux-là sont dans l'erreur qui se servent de diverses matières pour composer leur mercure, c'est-à-dire de matières de diverses natures. Elle est une, et quoiqu'elle se trouve partout et en tout, elle ne peut se tirer que de sa propre minière. C'est une eau visqueuse, un esprit corporifié. Elle est la même matière que celle dont la Nature se sert pour faire les métaux dans les mines; mais il ne faut pas s'imaginer que ce sont les métaux mêmes, ou qu'elle s'en tire; car tous les Philosophes recommandent de laisser les extrêmes et de prendre le milieu; comme pour faire du pain on ne prend, dit Philalèthe, ni le grain, ni le son, mais la farine. On ne fait pas non plus du pain avec du pain cuit. Il ne faut pas aussi chercher à former une matière des quatre éléments, qui sont les principes principiants de tout; mais une matière élémentée, qui contienne en elle-même les quatre éléments, et qui soit la semence des métaux. Cette matière a été voilée par les Anciens sous diverses fables, mais plus particulièrement sous celles d'Hercule et d'Anthée, de Pyrrha et de Deucalion. Mais si quelqu'un veut réussir dans les opérations du Magistère, qu'il apprenne auparavant, dit Philalèthe, ce qu'on entend par les compagnons de Cadmus, quel est le Serpent qui les dévora, ce que c'est que le chêne creux contre lequel il transperça ce Serpent; ce qu'on entend par les colombes de Diane, qui surmontent le Lion en l'amadouant; ce Lion vert, qui est un vrai Dragon Babylonien, dont le venin fait tout mourir : ce que c'est que le caducée de Mercure, etc.
Cette matière est appelée vile, et Philalèthe entre autres dit que le prix des principes matériels de l'œuvre ne passe pas trois louis d'or. Il ajoute que quant à la fabrique de l'eau sèche des Sages, deux écus suffisent pour en faire une livre. D assure de plus qu'on peut avoir autant de matière principe de cette eau qu'il en faudrait pour animer deux livres de mercure.
Plusieurs Philosophes disent que les pauvres ont autant de cette matière que les riches; mais il faut l'entendre de la matière principe dont celle des Sages est composée. Notre eau, dit Philalèthe, est composée de plusieurs choses, c'est-à-dire d'une seule et unique chose faite de diverses substances, mais d'une et même essence. Il faut que dans notre eau il se trouve un feu, une liqueur satumienne végétable, et un lien du mercure. Ce feu est minéral sulfureux, sans être proprement minéral, loin d'être métallique. C'est un chaos ou esprit, sous la forme d'un corps, qui n'est cependant pas corps, puisqu'il est tout volatil, et qui n'est pas aussi absolument esprit, puisqu'il ressemble à un métal liquéfié.
Quelquefois les Philosophes ont restreint le nom de Matière à leur mercure animé, et non à la matière d'où il est extrait.
MATIERE VRAIE DES MÉTAUX.
C'est, selon les Philosophes, le mercure des Sages imprégné et animé de son soufre, C'est une eau visqueuse, et une vapeur qui se congelé et se fixe plus ou moins, selon le degré de coction qu'elle reçoit. Cette vapeur est un argent-vif, non le vulgaire. La pierre philosophale est composée de cet argent-vif cuit, digéré et exalté : c'est pourquoi il pénètre les métaux, achevé de les cuire, et leur donne la perfection de l'or; parce qu'il est or lui-même, et un or vif, animé, infiniment plus parfait que l'or vulgaire.
MATIERE LUNAIRE.
Dissolvant des Sages.

